jeudi 21 août 2008

Décembre 2008, 60 ans de la déclaration des Droits de l’homme.



Décembre 2008, 60 ans de la déclaration des Droits de l’homme.


En décembre 2008, cela fera 60 ans que la déclaration universelle des Droits de l’Homme a été éditée. En attendant la célébration qui aura lieu à Paris, nous publions ici, les 30 articles qui composent ce document.


Déclaration universelle des droits de l'Homme


Préambule


Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde,
Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme,
Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression,
Considérant qu'il est essentiel d'encourager le développement de relations amicales entre nations,
Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,
Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement,
L'Assemblée générale
Proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration

constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.
Article premier
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Article 2
Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.
Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Article 4
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

Article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Article 6
Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.
Article 7
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.
Article 8
Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.
Article 9
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ni exilé.
Article 10
Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.
Article 11
1. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.
Article 12
Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
Article 13
1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.
Article 14
1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.
Article 15
1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.
Article 16
1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat.
Article 17
1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété
Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.
Article 19
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de

répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Article 20
1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.
Article 21
1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.
Article 22
Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.
Article 23
1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.

2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.
Article 24
Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.
Article 25
1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.
Article 26
1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et

professionnel doit être généralisé; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.

Article 27
1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.
Article 28
Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.
Article 29
1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue

d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.
Article 30
Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant, pour un Etat, un groupement ou un individu, un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.
Source : INTERNEWS

Simplice .A

Côte d’Ivoire : Bruly Bouabré, un géni anonyme dans sont pays


La Côte d’Ivoire n’a pas encore pris une part active à la notoriété de Frédéric Bruly Bouabré qui pourtant la lui rend avec force dextérité avec ses 85ans.


Côte d’Ivoire : Bruly Bouabré, un géni anonyme dans sont pays

Nul n’est prophète chez soi. Pourtant, « au nombre des personnes qui font parler de la Côte d’Ivoire en matière des Arts Plastiques dans le monde, figure Frédéric Bruly Bouabré », confiait le philosophe, critique d’art, le Pr. Yacouba Konaté le 1er août 2008 au Goethe Institut à Abidjan, lors de la table ronde organisée en hommage à ce patrimoine vivant, ce réservoir de savoirs ancestraux et modernes, écrivain, conteur, poète, inventeur d’écriture, artiste peintre mondialement connu, mais si peu par sa terre natale la Côte d’Ivoire.


Jeudi 11 mars 1948, naissance de l’illumination artistique chez Bruly Bouabré.


« Je suis un africain et je note chaque instant de ma vie. Toutes les traces du monde réel et spirituel doivent êtres consignées... En 1948 j’étais à Dakar au Sénégal où je travaillais comme commis. Un jour que j’allais au travail, je ne portais pas de montre et je voulais savoir l’heure qu’il était. Il faut savoir que les africains apprécient le temps par l’ombre du soleil. J’ai donc regardé le soleil qui curieusement s’est divisé en deux. La partie sud était plus grande que celle du nord. Puis le soleil s’est transfiguré pour donner naissance à 7 soleils colorés qui ont décris un cercle de beauté autour de leur Mère Soleil. Le soir, j’ai été pris d’une terrible transe. C’est là que je suis devenu Cheik Nadro « celui qui n’oublie pas ». Je compris ce jour là que Dieu existe. » Gbeuly Gboagbré, devenu Bruly Bouabré par la force de déformation de l’autorité coloniale, venait ainsi d’être témoin d’une révélation, d’avoir une vision céleste de laquelle toute son œuvre et sa philosophie de vie tirent leur origine et leur force d’autant plus que Yaya Savané, son curateur depuis une vingtaine d’années, affirme que « ce témoignage oculaire entretient en permanence une relation d’échange entre son œuvre et sa vie qui s’opère au quotidien par un approfondissement de tout ce qui est caché ou donné à la surface des choses, des signes, des rêves, des mythes, des traditions. Ainsi, F.B.B révèle tout ce qui frappe à ses sens et aborde tous les champs du savoir. Il nous suffit de parcourir ses nombreux manuscrits où sont consignées ses recherches sur des sujets aussi divers que les arts et traditions, la poésie, les contes, la religion, l’esthétique, l’histoire, la philosophie, l’anthropologie, la politique et les sciences. »


L’alphabet Bété ou Ouest Africain


Cette force de savoir les savoirs ancestraux d’Afrique et du monde le conduit à la conception d’un système d’écriture, un alphabet de 448 pictogrammes monosyllabiques qui sont aptes à reproduire tous les sons humains. A cet effet, Bruly Bouabré indique que « c’est important pour les Africains d’avoir une écriture à eux. Si les Européens, par exemple, nous ont dépassé, c’est bien parce qu’ils ont une écriture. L’écriture est un remède contre l’oubli, car l’oubli est un redoutable facteur de l’ignorance. On n’oublie pas ce qui est écrit. L’écriture divinise l’homme et est le creuset où vit la mémoire de l’homme. C’est pourquoi j’insiste sur la présentation de l’Alphabet Ouest africain. Les gens qui n’écrivent pas n’ont pas de valeur. J’ai imité les sons et je suis arrivé à créer un alphabet. Mais, il faut dire que tout est lié aux pierres de Becloi. En effet, c’est en 1952 que je me suis rendu à Becloi, un petit village sur l’axe Daloa- Issia (centre Ouest de la Côte d’Ivoire) où se trouvent une variété de petites pierres rouges et noires, probablement d’origine naturelle mais traditionnellement considérées comme surnaturelles. Ces pierres se présentent sous des formes très variées et portent des dessins géométriques. Dès que je les ai vues, j’ai pensée que ça devrait être le vestige d’une antique écriture. Je fais le lien avec un jeu pratiqué par les enfants dans mon village à Daloa. Ce jeu qui consiste à enchaîner des paroles à partir de signes séparés les uns des autres. On place des graines de palmier pour les lire et ça donnait par exemple : « la route, de quelque façon qu’on puisse la nettoyer, elle ne manque pas d’obstacle ». Les signes formulent des images et portent des messages. Les Hommes ont tort de se prendre pour les seuls dessinateurs au monde. Le hasard de la nature trace sur une peau de banane ou d’orange. Le vent pousse des nuages qui découpent des formes dans le bleu du ciel. Un jet de jus de cola qu’on a mâché sur une page parle. Tous les signes portent des messages que l’homme gagnerait à apprendre, à voir et à comprendre car dans la forme des signes, s’énoncent le bien et le mal. » En baptisant une pierre du nom de son père Gbeuly, il tient le raisonnement suivant : si un homme appelé Gbeuly se trouve dans la foule des initiés à l’écriture, et si on envoie un enfant appeler Gbeuly à l’aide d’une ces pierres, des voies s’élèveront pour dire : Gbuely, on t’appelle. Bruly Bouabré s’aperçoit que ce nom est composé de deux syllabes : Gbeu et Ly signifiant respectivement dans la langue bété cognée ou hache, lance. Ainsi, il parvient à traduire ces syllabes en deux dessins qui vont constituer le point de départ de son invention. Le système consiste à trouver pour chaque monosyllabe bété un petit dessin à partir duquel on retrouve le nom signifié. S’appuyant par la suite sur le syllabaire français pour la mise en place de son système, il s’est vite rendu compte que la phonétique du français ne correspondait pas entièrement avec celle du bété. Ce constat l’amena à créer d’autres signes pour l’ensemble des sons particuliers et propres au bété. Ainsi, naquit en 1956 le nouvel alphabet ouest Africain.« J’ai trouvé un alphabet et je suis prêt à l’enseigner à toute personne désireuse de l’apprendre… Cet alphabet appartient aux Africains, c’est à eux de se l’approprier. Il est universel et œuvre en faveur de la conservation du savoir humain» précise-t-il.


Prophète, inventeur d’écriture


Fondateur d’une religion, l’ordre des persécutés et d’un alphabet appelé alphabet bété ou ouest africain, « F.B.B. n’est pas de ce type de prophète agressif ou offensif qui crée une secte, une église » indique Yacouba Konaté. En outre poursuit-il, « il ne crée pas une écriture basée une langue. Cette écriture veut parler toutes les langues contrairement aux tentatives de création d’écriture. » Raison pour laquelle, il invite à une non spécification de l’écriture de B.B. à son ethnie d’origine, l’ethnie Bété. « Ce n’est pas une exhumation d’une écriture bété. Ce qu’il met en place pour créer cette écriture, ce n’est pas une écriture qui existait déjà. C’est lui qui donne à cette écriture le sens qu’il veut. Il donne le sens qu’il veut aux choses qu’il veut. C’est une construction moderne. Bruly Bouabré est moderne parce que sa méthode est scientifique » ajoute-il. Par ailleurs, le Pr Yacouba Konaté affirme que « F.B.B. s’inscrit dans un courant où l’invention à prétention scientifique croise la révélation. Cette mobilisation redoublée du scientifique et du spirituel, porte un défi unique : faire voler en éclats le mythe de l’Afrique terre d’ignorance et faire mentir l’idée de l’Afrique terre d’oralité sans écriture. » Défi qu’il a donc en commun avec les autres prophètes créateurs d’écriture. Cette lutte pour apporter sa contribution à l’accélération de l’éducation des africains, fait, selon Yacouba Konaté, de F.B.B. « un disciple de Cheik Anta Diop pour qui la libération de l’Afrique ne sera pas achevée, tant que les Africains se parleront et cultiveront dans la langue des autres ». Aussi, a-t-il ajouté « nous devons créer des systèmes d’écritures qui nous permettent de comprendre facilement les autres. »


Magicien de la terre


Prophète et inventeur d’écriture, Frédéric Bruly Bouabré intègre une troisième dimension, celle d’artiste. « J’allais vers Victor Hugo et je me suis marié avec Picasso » clame-t-il, parce qu’il aurait voulu toujours être reconnu comme écrivain. André Magnin, Directeur de la CAAC (Collection d'Art Africain Contemporain) ayant vu ses textes et ses dessins (500) qu’il faisait sur de petites cartes a présenté 10 modèles au comité de l’exposition Les magiciens de la terre en 1989 au Centre Pompidou à Paris. D’où le surnom de magicien de la terre. « J’ai présenté à cette exposition des manuscrits originaux, des dessins, les 448 signes de l'alphabet et des pierres de Bécloi »indique-t-il. Depuis cette exposition qui a fait sa renommée internationale sur le terrain de la création plastique, ses œuvres graphiques continuent de sillonner le monde à travers sa présence dans les plus prestigieux centres d’art modernes d’Europe (exposition majeure en Allemagne « la documenta 2002 »), d’Amérique et d’Asie et contribuent au rapprochement des cultures, fondement du projet artistique de Bruly Bouabré. A cet égard, Yaya Savané renchérit en indiquant que « le fondement du projet artistique de Bruly Bouabré repose sur l’existence d’une parenté universelle, l’unité du monde et sur la nécessité du métissage culturel. Pour B.B. nous sommes tous parents et nous constituons une même famille… » Ces dessins emprunts de naïveté infantile dans le sens positif ramenant au rationalisme offrent aux spectateurs, aux dires de Eckhardt Brockhaus, psychanalyste, ami de Bruly Bouabré depuis 1967, « la possibilité de sentir et de ressentir le fond spirituel de l’artiste qui peut se résumer ainsi : Ici « parle et dessine » quelqu’un qui a vu jusqu’au fond des choses. »


Renaissance de la culture Africaine et progrès de l’humanité


A lecture de « Livre des lois divines », projet spirituel et bible de Frédéric Bruly Bouabré qui essaie d’intégrer la spiritualité africaine dans la spiritualité chrétienne se présentant ainsi comme un homme qui accorde de l’importance au monde spirituel tout en accordant un respect scrupuleux à ses visions et de « L’Africain et son autobiographie », livre descriptif de la vie de l’artiste depuis son enfance jusqu’à 1968, Eckhardt Brockhaus, indique que dans la pensée de l’homme, la renaissance de la culture africaine et la progrès de l’humanité sont très liés. «F.B.B. n’a pas trahi son origine africaine. Il n’est pas simplement devenu un intellectuel francophone se soumettant à la culture occidentale dévalorisant ainsi sa propre culture. Il utilise sa connaissance de la culture européenne pour trouver des moyens d’enrichir la culture africaine, à lui donner conscience d’elle même de sorte qu’elle puisse être entendue et prise au sérieux par les autres cultures du monde. » Aussi, « n’a-t-il pas condamné l’animisme de ses ancêtres en le taxant de « sauvage » ou de « primitif » quand il s’est ouvert au christianisme. En le devenant, il ne s’est pas contenté non plus d’être un fidèle ordinaire, qui avale les dogmes. Il a suivi un chemin propre et original en se référant à ses songes et ses visions pendant toute sa vie adulte. Ces songes l’ont persuadé qu’il est possible de réconcilier considérations animistes africaines et croyances chrétiennes. » Dans ses textes, indique Eckhardt Brockhaus, « Bruly parle de l’élévation à un niveau qui transgresse les questions des races, des différences culturelles, de pauvreté et de richesse…Il arrive à un niveau où les grandes questions de la vie humaine se posent à nous tous de la même façon. Bruly c’est quelqu’un qui a quelque chose à dire aux hommes du monde entier et en même temps aux ressortissants de son propre continent. L’œuvre de Bruly se veut aussi un pansement aux grandes fissures que la confrontation d’avec le monde blanc a laissées dans l’âme africaine. » Contrairement à ceux pour qui la victoire des africains consistera à s’identifier au blanc, Eckhardt Brockhaus, affirme que Bruly Bouabré a cherché un autre chemin. « Il a étudié tout ce qui était venu des blancs : leur racisme, leur colonialisme, leur littérature, leur philosophie, leur religion chrétienne. Il a réfléchit à tout cela mais en même temps, il a commencé à scruter une voie à l’intérieur de son âme, à suivre ses songes, à avoir des visions, à faire attention aux événements curieux d’un monde parallèle au nôtre qui est plus important et plus réel. Son âme était ébranlée, choquée par la confrontation avec le monde des blancs, il subissait dans son âme la tragédie de toute l’Afrique Noire et cet état de son âme le rendait sensible aux messages de son inconscient. »


Création d’un Centre d’Action Culturelle Bruly Bouabré


« Si la notoriété et la célébrité de Frédéric Bruly Bouabré ne dépendaient que de son pays, je peux affirmer sans risque de me tromper que nous serions bien moins avancés ». Ce coup de gueule de Yaya Savané, a eu une oreille attentive. Lors du festival N’Zassa organisé par le Ministère de la culture de Côte d’Ivoire, Bruly Bouabré a été décoré au rang de chevalier du mérite culturel par le Président Laurent Gbagbo. Depuis lors, des actions en vue de la valorisant de ce patrimoine vivant constitué de savoirs ancestraux et modernes se poursuivent. Au nombre desquelles, la création d’un centre culturel d’Action Culturelle Bruly Bouabré à Zépréguhé son village natale situé dans le département de Daloa (centre ouest de la Côte d’Ivoire). Bâti sur les ruines de la première maison de Frédéric Bruly Bouabré de retour de Dakar en 1958, le centre d’Action culturel a gardé les mêmes dimensions que la demeure en banco précédente qui a été détruite pour la circonstance. Mais un pan du mur de cette vieille bâtisse sera préservé sous vitrine pour le présenter aux visiteurs du centre afin que ces deniers puissent se rendre compte des matériaux constitutifs de la première maison du prophète, inventeur d’écriture et magicien de la Terre qu’est F.B.B. L’espace précédemment utilisé comme salon servira de salle d’exposition, tandis que deux chambres seront consacrées à la salle de documentation et à celle de montage. Un bureau, une salle d’accueil et des toilettes constitueront les autres pièces du musée Bruly Bouabré. Ce musée, espace de diffusion de l’œuvre de Frédéric Bruly Bouabré est en chantier depuis juillet 2008 dans le cadre de « Partage », une rencontre d’échanges entre la Jeunesse Unie pour le développement de Zépréguhé (JUDEZ) et IDEM (Identité par Initiative), une initiative de jeunesse, un réseau de projets fondé par des jeunes en Allemagne et en Suisse et enregistré comme « société d’utilité publique ». Rencontre qui s’est déroulée du 13 juillet au 4 août 2008 à Zépréguhé autour de la philosophie, du travail artistique et du mode de vie de Frédéric Bruly Bouabré principalement et accessoirement autour de la culture et du mode de vie des pays de ces deux jeunesses avec la participation de IGADIM (Ich Glaube An Die Menschen=je crois eux hommes) de son vrai nom Wolfgang Wendker, artiste allemand, le psychanalyste et ami de longue date de Bruly Bouabré, Eckhardt Brockhaus et Yaya Savané avec l’Association Visage du Musée Africain (AVMA) dont il est le directeur exécutif et qui s’est donnée pour but la promotion de la pensée, de l’idéal et des œuvres artistiques de F.B.B mais également d’autres talents. Source, le Blog de Francis Yedan

S.A

mercredi 6 août 2008

MONDE: Le changementclimatique - comment ça marche ?


Une image des systèmes interdépendants et du climat de la terre créée à partir de quatre satellites différents. La température moyenne à la surface de la terre a augmenté de 0,74 degré Celsius depuis la fin des années 1800.


MONDE: Le changement climatique – Comment ça marche ?


Le changement climatique est une question compliquée, mais qui n’est pas obligée de l’être. Un petit guide pour mieux s'y retrouver.

Quelle différence y a-t-il entre le temps qu’il fait et le climat ? Le climat se rapporte à une moyenne climatique. Les notions de temps et de climat se rapportent toutes deux aux conditions atmosphériques, mais les cadres temporels sont différents.

Le temps désigne les conditions atmosphériques observées sur une courte période dans une région donnée (s’il fera chaud et beau lundi prochain à Tombouctou, au Mali, ou s’il pleuvra à Dhaka, au Bangladesh).

Le climat renvoie au contraire aux conditions atmosphériques observées sur des périodes bien plus longues -des dizaines ou des centaines d’années : le temps à Tombouctou et à Dhaka peut être le même un jour donné, mais le climat des deux villes est très différent. Tombouctou se situe dans le désert du Sahara et le climat y est chaud et sec, tandis que Dhaka se trouve dans la zone des moussons, et le climat y est chaud et humide.

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la confusion entre le temps qu’il fait et le climat est courante : on demande souvent aux scientifiques comment ils parviennent à prédire ce que sera le climat dans 50 ans, alors qu’ils n’arrivent pas à prédire le temps qu’il fera dans quelques semaines.

Il est difficile de prédire le temps qu’il fera au-delà de quelques jours, le développement des événements atmosphériques (précipitations, etc.) pouvant être chaotique.

Le GIEC donne l’explication suivante : il est impossible de prédire l’âge auquel un homme mourra, mais l’espérance de vie moyenne des hommes dans les pays industrialisés peut être située à 75 ans.

Quelle différence y a-t-il entre le changement climatique et le réchauffement climatique ?

On utilise souvent ces deux termes indifféremment, en pensant qu’ils renvoient au même phénomène. Or, il y a une différence : le réchauffement climatique renvoie à une augmentation moyenne de la température près de la surface de la terre ; le changement climatique, lui, se rapporte à l’évolution des événements climatiques, tels que la température, les précipitations, etc., mesurés sur des décennies, voire plus.

Le changement climatique est le terme de prédilection à employer lorsque l'on fait allusion à l’influence de facteurs autres que l'augmentation des températures.

Selon l’Agence américaine de protection de l’environnement, le changement climatique peut découler :
• de facteurs naturels, tels que les changements d’intensité solaire ou les changements lents de l’orbite terrestre autour du soleil ;
• de processus naturels observés au sein du système climatique (ex : changements de la circulation océanique) ;
• d’activités humaines qui modifient la composition de l’atmosphère (ex : combustion des carburants fossiles) et la surface de la terre (ex : déforestation, reforestation, urbanisation, désertification, etc.)

Qu’est-ce que l’effet de serre ?

Le terme effet de serre fait référence aux serres traditionnelles, dont les parois de verre réduisent la circulation de l’air et augmentent la température de l’air piégé à l’intérieur.

Le climat terrestre est principalement déterminé par le soleil. Environ 30 pours cent de la lumière solaire est renvoyée dans l’espace, une partie est absorbée par l’atmosphère, et le reste par la surface de la terre.

La surface de la terre reflète également une partie de la lumière du soleil, sous la forme de rayonnement infrarouge, une énergie lente.

L’échappement final de ce rayonnement infrarouge est retardé par les « gaz à effet de serre » tels que la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone, l’ozone et le méthane, qui renvoient les rayons infrarouges, réchauffant ainsi la basse troposphère et la surface de la terre.

Bien que les gaz à effet de serre ne représentent qu’un pour cent environ de l’atmosphère, ils agissent comme une couverture autour de la terre, ou comme le toit de verre d’une serre, piégeant la chaleur et maintenant la température de la planète quelque 30 degrés Celsius au-dessus de ce qu’elle aurait été autrement.

Toutefois, les activités humaines « épaississent » la couverture, car à la présence naturelle de ces gaz s’ajoutent les émissions de dioxyde de carbone issues de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel ; la production accrue de méthane et d’oxyde nitreux issue des activités agricoles et des changements dans l’exploitation des terres ; et plusieurs gaz industriels persistants, qui ne se forment pas naturellement.

Le changement climatique n’est pas nouveau. Pourquoi l’attribue-t-on à l’homme ?

Le climat terrestre est passé par de nombreux changements. L’évolution du bilan radiatif terrestre a été le principal moteur des changements climatiques survenus par le passé, mais les causes en ont été variées.

Les scientifiques ont attribué les changements survenus avant l’ère industrielle (avant 1780) aux causes suivantes :

- Changements de l’orbite terrestre

Les glaciations surviennent en cycles réguliers depuis près de trois millions d’années et selon le GIEC, il existe des preuves solides quant à l’existence d’un lien entre ces glaciations et les variations régulières de l’orbite terrestre autour du soleil, appelées cycles Milankovitch, du nom de Milutin Milankovitch, le mathématicien serbe (1879-1958) qui en a trouvé l’explication.

Au cours de ces cycles orbitaux, différentes quantités de rayonnement solaire sont reçues à chaque latitude et chaque saison.

Le débat reste ouvert sur la manière dont cela déclenche et achève les glaciations, mais bon nombre d’études portent à croire que la quantité de soleil reçue en été par les continents du nord est déterminante : si elle tombe en deçà d’une quantité critique, la neige de l’hiver précédent ne fond pas en été, de plus en plus de neige s’accumule, et une feuille de glace commence à se former.

D’après les simulations climatiques, le GIEC pense que la prochaine glaciation pourrait commencer dans 30 000 ans. Chaque glaciation, ou cycle glaciaire, a été suivie d’un cycle interglaciaire, plus chaud.

- Changements d’intensité solaire

En 2001, grâce à un nouveau modèle climatique informatisé, la NASA (l'administration américaine de l’aéronautique et de l’espace) a confirmé la théorie de longue date selon laquelle une faible activité solaire aurait été responsable du « petit âge glaciaire », un phénomène survenu entre les années 1400 et les années 1700.

Pendant le petit âge glaciaire, des années 1410 aux années 1720, la glace bloquait l’accès au Groenland ; les canaux de Hollande gelaient régulièrement, les glaciers des Alpes, dans le sud de l'Europe, avançaient, et la glace de mer avait augmenté de telle sorte qu’il n’y avait plus d’eau libre dans quelque direction que ce soit, aux alentours de l’Islande, en 1695.

Le modèle de la NASA a recréé l’impact d’un soleil moins intense, engendrant des changements climatiques majeurs à l’échelle régionale et, par la suite, un rafraîchissement des températures continentales pendant l’hiver.

Selon la NASA, entre le milieu des années 1600 et le début des années 1700, les températures à la surface de la terre dans l’hémisphère nord ont atteint le plus faible niveau (ou en auraient été proches) observé au cours des 1 000 dernières années, et les températures hivernales moyennes en Europe ont chuté de un à 1,5 degré Celsius.

Ce rafraîchissement apparaît clairement dans les estimations de températures obtenues en examinant les cercles de croissance des arbres et les carottes glaciaires, et dans les registres de températures compilés par l’University of Massachusetts-Amherst et l’Université de Virginie.

- Émission d’aérosols au cours d’éruptions volcaniques

Les aérosols sont de petites particules contenues dans l’atmosphère, dont la taille, la composition chimique et la concentration varie considérablement. Les émissions volcaniques produisent des aérosols sous forme d’une poussière qui bloque le passage des rayons solaires et peut provoquer un rafraîchissement des températures à court terme.

En 1815, l’éruption du Tambora, en Indonésie, avait provoqué une baisse des températures mondiales de pas moins de trois degrés Celsius, selon l’Enquête géologique américaine (USGS).

« Même un an après l’éruption, les températures dans une majeure partie de l’hémisphère nord étaient encore bien plus fraîches pendant les mois de l’été. Dans certaines régions d’Europe et d’Amérique du Nord, l’année 1816 était connue sous le nom "d’année sans été" ».

- Émission de dioxyde de carbone (CO2) au cours d’éruptions volcaniques

Les volcans émettent également du CO2, et l’analyse des échantillons géologiques laisse penser que les périodes chaudes, sans glace, coïncident avec des taux élevés de CO2 dans l’atmosphère.

« Sur des périodes de plusieurs millions d’années, les taux de CO2 changent en raison de l’activité tectonique », note le GIEC.

Toutefois, selon le programme de l’USGS sur les risques d’éruption volcanique, si les volcans libèrent plus de 130 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère chaque année, les activités humaines émettent plus de 130 fois cette quantité.

- L’ère industrielle

Globalement, depuis le début de l’ère industrielle, vers 1750, les activités humaines engendrent un réchauffement du climat, selon le GIEC. La température moyenne à la surface de la terre a augmenté de 0,74 degré Celsius depuis la fin des années 1800.

Dans les années 1900, sur une moyenne globale, le réchauffement du climat s’est déroulé en deux phases : des années 1910 aux années 1940 (0,35°C), et de façon plus marquée des années 1970 à nos jours (0,55°C).

Cette croissance du taux de réchauffement a eu lieu au cours des 25 dernières années, et 11 des 12 années les plus chaudes jamais enregistrées ont eu lieu au cours des 12 dernières années. Cette hausse considérable des températures a été attribuée à l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère au cours des 650 000 dernières années a été déterminée précisément à partir de carottes glaciaires prélevées en Antarctique. Au cours de cette période, la concentration de CO2 a varié entre un minimum de 180 ppm (parties par million) pendant les périodes glaciaires, froides, et un maximum de 300 ppm pendant les périodes interglaciaires, chaudes.

Au cours du dernier siècle, le taux de CO2 a rapidement augmenté pour passer bien au-delà de cette fourchette, à 379 ppm.

On sait, selon le GIEC, que l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère est imputable aux activités humaines, car le caractère du CO2 contenu dans l’atmosphère, en particulier le ratio des atomes de carbone « lourds » par rapport aux atomes « légers », a connu une évolution qui peut être attribuée à l’ajout du carbone des carburants fossiles. Selon les estimations des scientifiques, la combustion des carburants fossiles, et dans une moindre mesure la fabrication de ciment, est en effet responsable de plus de 75 pour cent des émissions de CO2 humaines.

La découverte du lien entre les émissions de CO2 et l’évolution du climat

L’historien scientifique Spencer Weart explique dans son article, intitulé The Carbon Dioxide Greenhouse Effect [L’effet de serre du dioxyde de carbone] que John Tyndall, éminent philosophe victorien de la nature, compte parmi les quelques premiers scientifiques à avoir déclaré que des couches de glace recouvraient autrefois la majeure partie du territoire européen.

Mais, selon Spencer Weart, c’est au chercheur suédois Svante Arrhenius que l’on doit la première description de l’effet de serre, à la fin des année1800. Svante Arrhenius a en effet réalisé des calculs indiquant qu’une diminution de la concentration de carbone dans l’atmosphère pouvait permettre de réduire la température de trois à quatre degrés Celsius en Europe (soit une température de glaciation).

Mais c’est son collègue Arvid Högbom qui a eu l’incroyable idée de calculer la quantité de CO2 émise par l’activité humaine (les industries, etc.). Le chercheur a alors découvert que celle-ci était responsable d’environ la même concentration de CO2 que la quantité émise au cours des processus géochimiques naturels. A l’époque, personne n’a vraiment prêté attention à cette découverte.

Vers 1938, Guy Stewart Callendar, un ingénieur anglais, a déclaré qu’en doublant le taux de CO2, on pourrait provoquer une augmentation des températures de deux degrés Celsius au cours des siècles à venir.

Une fois encore, ces conclusions sont restées lettre morte.

Au cours des quelques décennies qui ont suivi, plusieurs groupes de scientifiques ont suivi divers axes de recherche. Selon Spencer Weart, ce n’est que dans les années 1970, lorsque la hausse des températures mondiales est devenue évidente, que l’on a commencé à entendre les avertissements des scientifiques à propos des émissions de gaz à effet de serre.

Les gouvernements se sont réunis en 1988 pour créer le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, composé de milliers de scientifiques, afin de recueillir des preuves irréfutables et d’être conseillés sur la meilleure marche à suivre. « En 2001, ce Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat était parvenu à un consensus, si prudemment formulé que presque aucun expert n’y a objecté », a commenté M. Weart.
Source : IRIN

S.A

vendredi 4 juillet 2008

Souvenir : La déclaration d’indépendance de la Côte d’Ivoire par Félix Houphouët Boigny, le 07 Août 1960

Houphouët et son Directeur du protocole Georges Ouégnin

Souvenir : La déclaration d’indépendance de la Côte d’Ivoire par Félix Houphouët Boigny, le 07 Août 1960 :

‘’Voici arrivée pour toi, ô mon pays, mon pays bien aimé, l’heure tant attendue où ton destin t’appartient entièrement. Peuple de mon pays, laisse éclater ta joie, tu mérites cette joie.
Tu as souffert plus que tout autres, en patience, longtemps. Mais ta souffrance n’a pas été vaine.
Tu as lutté, mais pas inutilement, puisque ta victoire, tu la connais aujourd’hui.
Le besoin de dignité que tu portais en toi, le voilà enfin satisfait.
Tu es libre, et, avec fierté, tu entres dans la grande famille des nations
Mais cette joie immense ne nous fera pas oublier nos morts illustres, nous pensons à eux avec reconnaissance et nous nous inclinons avec respect devant toux ceux qui sont morts en héros au cours de notre lutte émancipatrice.
Nous les associons à notre allégresse
En vertu des droits indéniables qu’a tout peuple de disposer de lui-même, en ce jour béni du 7 Août 1960, je proclame solennellement l’indépendance de la Côte d’Ivoire.’’

‘’Vive la Côte d’Ivoire !’’

Félix Houphouët Boigny